Fatbike dans la Tundra

C’est après avoir pédalé une bonne heure sans croiser âme qui vive que je m’arrête en haut d’une côte. Essoufflée. Prise d’une sorte de vertige devant un décor immense. La toundra arctique à l’infini. Le cœur qui bat dans mes tempes je contemple longtemps. Être si petite dans cet espace si vaste, si vierge. Le respect s’impose. Je suis une poussière dans l’univers. Humilité. J’essaie de prendre quelques photos pour bonifier mon compte Instagram mais le résultat est décevant. J’abandonne. Tout ce cirque me parait si futile tout à coup. Il faut juste être là…

Cette air pur arctique me clarifie l’esprit, me donne du courage. J’en veux encore de ce paysage. Je continue et dévale la pente.

J’appréhende une rencontre avec un loup, un ours polaire ou un big foot (la légende est bien concrète pour les Inuit). Je me fais des scénarios d’épouvante mais ma curiosité remporte la bataille. Je veux voir ce qu’il y a derrière cette longue courbe, cette colline. Il paraît qu’il y a un magnifique lac au bout du chemin. Je me sens exploratrice et j’apprivoise mes craintes. L’adrénaline. L’endorphine. Je suis addict. Je rencontre un vieil Inuk. Je m’arrête pour le saluer. Ullaakut. Le vent. Sourire. Je m’assois. Il brise un long silence. Il me parle de mother earth, de son pouvoir de guérison, de cette façon que l’humain est lié à la terre. Sa voix me réchauffe. Amen. Il repart sur son 4-roues. Fier. De dos, on dirait qu’il a 20 ans. Nakurmik. Je ne me suis jamais rendue au lac. J’ai oublié. J’irai peut-être un autre jour.

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